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1 Éléments d'Anthropologie du Droit
Avant-propos : Philippe LABURTHE-TOLRA Doyen honoraire à la Sorbonne
Préface :
Norbert ROULAND Membre de l'Institut Universitaire de France

présentation avant-propos préface introduction plan
index analytique références table illustrations
1- Le souverain juge
2- “Pourquoi le sang de la circoncision...”
3- Dessin du dessein
4- “Authentique ! sans papier !”
5- L“Âme du Mil”
6- “Il faut se battre pour la constitution...”
7- Rire et démocratie
8- Sur l’innovation
9- La “culture des analgésiques” et l’individualisme
10- Du “mariage arrangé” à l’“amour-passion”
11- Du mythe au roman, de la Patrie à la Filisterie
12- La chimie du rire
13- Quelques données sur la prohibition de l’inceste
14- Morale et handicap
15- Le juge, de quel droit ?
16- Droit au sol et mythes d'autochtonie
17- Habiter, cohabiter : sur l’exemplarité
18- Le territoire de la langue : les deux natures
19- Enquête sur la forme humaine : 1
20- Enquête sur la forme humaine : 2
21- Enquête sur la forme humaine : 3-21.1


présentation
PROCHAINEMENT :
une présentation raisonnée des pages WEB
qui composent ce site
sous forme d’un ouvrage électronique téléchargeable
(350 Mo, 1719 pages au format A4)
voir SOMMAIRE

anthropologieenligne.com : unité de l’homme et diversité des cultures


Chapitre 21


La reconnaissance de la forme humaine :
figures de l'altérité, de la morale et du droit
(les "trente glorieuses" et les trente pleureuses)

Plan du dossier :

19.1 Exorde
19.11 "Et ta sœur !" Différence des sexes et territorialité : relevé des grafitti de la Sorbonne, mars 1982
19.2 Variations sur le prochain
19.3 Quand la théorie de la société est la théorie du marché
19.4 Les "30 glorieuses" et les 30 pleureuses
19.5 De Tati à Tati
19.6 Gradations dans l'expression de l'allophobie et dans son aveu
19.7 Territoire, proxémie, proximité : le proche et le lointain
19.8 Appartenance commune
19.9 Guetteurs au créneau
20.1 Othello, ou la tragédie de l'apparence
20.2 Phénotypes et stratification sociale : la naturalisation du droit
21.1
L'empire de la liberté : la techno-structure par l'exemple, neutralisation des fonctions et des genres
21.2 Loi du renouvellement technique et conséquences...
21.3 Hormones et territorialité : la dominance à l'épreuve de la valeur morale de la différence
21.4 L'individu, sentinelle avancée de l'espèce (1) : liaisons
21.5
L'individu, sentinelle avancée de l'espèce (2) : déliaisons
21.6 Logique du vivant, morale du vivant
21.7 Médialangue et culture-jeunesse, distance réfractaire et période réfractaire


IV - 21.1 La techno-structure par l'exemple :
neutralisation des fonctions et des genres
("archéologie" et "science-fiction" : morceaux choisis)

Introduction

La neutralisation des genres est une conséquence banale du "désenchantement du monde" et de l'enchantement de la technique. La fée du progrès est en mesure de neutraliser les aléas biologiques de la naissance et les nécessités statistiques du sex ratio. L'assimilation de la femme à la nature, commune à la généralité des cultures et des religions, est une fatalité dont la modernité peut s'émanciper dès lors que les processus de la génération, identifiés et maîtrisables, sont désacralisés. En 2006, le Comité international pour la surveillance des techniques d'assistance à la procréation évalue à trois millions le nombre d'enfants conçus par fécondation in vitro (FIV) ou micro-injection d'un spermatozoïde dans l'ovocyte (ICSI : Intra-Cytoplasmic Sperm Injection). La conception sans sexualité achève l'idéal d'une sexualité sans conception. Idéalement dissocié des sténotypies reproductives, le destin sexuel résulte désormais des avatars d'une éducation où la transmission des savoirs techniques prime sur la transmission des conduites. L'"inclination" et le "désir" – mots fétiches de la psychologie et credo de la modernité – détachés du destin anatomique, flottent librement au gré des prosopographies. Une valeur morale du respect de la différence tient dans la signification évolutive du polymorphisme génétique. La diversité est la promesse d'une capacité d'adaptation que la réussite des formes dominantes ne garantit nullement. On pourrait dire rapidement que, de même que la santé est un état transitoire qui ne présage rien de bon, le standard du moment et du cru, qui met telle ou telle aptitude en vedette, sera peut-être inadapté demain... Alors qu'il symbolisait l'infâmie et l'inutilité sociale, l'homosexuel est ainsi devenu, sans le savoir, une manière de "héros" des temps modernes. Ce n'est pas seulement la liberté – une expression, parmi d'autres, du polymorphisme caractériel, un choix "comme les autres"... – et la "tolérance" qui le font plus visible, c'est l'adéquation de son destin avec l'idée du progrès et avec l'idéal d'un épanouissement sans empêchements. Le siècle du "pervers polymorphe" (l'enfant, selon Freud, en 1905) ayant engendré la figure du "jouisseur polymorphe", paladin de cette "libération sexuelle" qui a marqué l'histoire récente des "pays développés", il serait bien inconséquent d'y limiter les expressions du désir. L'homosexuel est donc comme tout le monde.

Mais pas seulement. Modèle qui polarise à distance la liberté de tous – quoi qu'il en soit – vis-à-vis de la contrainte sociale et qui démontre le caractère relatif de la norme reproductive, il est le phare (au sens romantique du mot) de la libération individuelle. La loi libérale ne pouvait plus longtemps refuser de se reconnaître dans cette expression idéale de sa condition. Elle s'est rapidement conformée à ce fait de société emblématique (c'est ainsi, d'ailleurs, que les sociétés traditionnelles qui ont à en connaître le perçoivent : un fait de culture – ou une dégénérescence – spécifique à l'Occident) en décriminalisant l'homosexualité et en répondant à une demande explicite des homosexuels par un contrat spécifique d'union – ou par le droit d'adopter – qui a pour patron l'union matrimoniale ordinaire. Mais cette concession à la norme majoritaire – "Aujourd'hui, disait Louise de Vilmorin (1902-1969), il n'y a que les curés qui se marient" – n'épuise évidemment pas la signification de l'homosexualité dans les sociétés industrielles. (Certains homosexuels dénonçant, d'ailleurs, cette allégeance à la culture hétérosexuelle et son "effet Tamago(t)chi", appuyant leur refus du mariage gay sur les taux comparés des relations à long terme chez les homosexuels et chez les hétérosexuels.) Cette superfétation contre-nature qui convertit la relation spéculaire du désir de soi en désir d'enfant, exprime encore idéalement l'individualisme contemporain.



Une souris obtenue avec deux mâles
AFP, 09/12/2010

Compte-rendu de : Generation of viable male and female mice from two fathers

http://www.biolreprod.org/content/early/2010/12/07/biolreprod.110.088831.full.pdf
BOR Papers in Press. Published on December 8, 2010 as DOI:10.1095/biolreprod.110.088831
Jian Min Deng1,2*, Kei Satoh1,3*, Hao Chang1,2,4, Zhaoping Zhang1, M. David Stewart1, Hongran
Wang5, Austin J. Cooney5, and Richard R. Behringer1,2,3,4**
1Department of Genetics and 2Center for Stem Cell and Developmental Biology, The University
of Texas M.D. Anderson Cancer Center, Houston, TX 77030, USA; 3Department of
Biochemistry and Cell Biology, Rice University, Houston, TX 77251, USA; 4Program in Genes
and Development, The University of Texas Graduate School of Biomedical Sciences at Houston,
Houston, TX 77030, USA; 5Department of Molecular and Cellular Biology, Baylor College of
Medicine, Houston, TX 77030, USA
*Both authors contributed equally
Short title: Generation of viable mice

Des scientifiques ont utilisé des cellules souches pour obtenir des souris provenant de deux mâles et affirment que cette innovation pourrait préserver des espèces en voie de disparition et aider des couples homosexuels à avoir leurs propres enfants.
Selon cette étude publiée dans le journal Biology of Reproduction, des scientifiques du Texas (sud) spécialisés dans la reproduction sont parvenus à manipuler des cellules souches provenant d'un foetus mâle (XY) d'une souris pour produire des cellules souches pluripotentes induites (CPi).
Certaines des cellules souches qui ont été créées ainsi ont naturellement perdu leur chromosome Y pour devenir une cellule souche de type XO.
Ces cellules XO ont été injectées dans des embryons venus de souris femelles et transplantées dans une souris porteuse qui a donné naissance à deux souris portant un chromosome X du foetus mâle d'origine.
Ces souris ont grandi et ont plus tard pu s'accoupler avec des souris mâles normales: leur progéniture présentait du matériel génétique venant des deux pères.
L'étude a été menée par Richard R. Behringer au MD Anderson Cancer Center.
Les chercheurs ont déclaré qu'avec une variation de cette technique "il serait aussi possible de générer du sperme à partir d'un donneur femelle et produire des mâles viables et des rejetons femelles avec deux mères".
Ils ont néanmoins estimé que le chemin serait long avant de pouvoir appliquer une telle technique aux humains.


Ce n'est pas simplement, non plus, parce qu'il est le consommateur idéal de la "société de consommation" que le foyer dink (double income-no kids, double revenu et pas de famille à charge : sans parents et sans enfants, soit un acteur économique et un consommateur idéal) est "publicitaire" et fait partie de tout casting qui se respecte. Déconnecté des contraintes naturelles et de la procession des générations, l'homosexuel personnifie métaphoriquement l'œuvre du progrès technique et de la rationalisation des tâches qui, en quelques décennies, a brisé avec l'inévitable opposition des genres – cosmologique, religieuse, sociale, psychologique (supra : partie I de l'arborescence "Éléments d'anthropologie du droit", chapitres 1 à 5) – informant la vision du monde dans la généralité des sociétés humaines.

Les coupures de presse et les documents ici rapprochés procèdent de cette période de maturation sociale et juridique (les années quatre-vingt) où les mœurs s'ajustent (difficilement) au progrès. L'écume des choses, sous les espèces du journal et du magazine, sera, comme dans les pages qui précèdent (chapitre 19, passim) la voie d'accès aux sédiments et aux lois du métamorphisme social. Le scénario est constitué, comme précédemment, par la confrontation, à la rubrique des "questions de société", du "progrès" et de la "réaction". "On n'arrête pas le progrès" dit la voix commune. Encore faut-il être en mesure de se couler dans la nouvelle niche technologique. La philosophie contraire de ces deux apostolats s'exprime (pour ce qui concerne le matériau retenu) dans les graves éditoriaux, les pétillants billets (quelquefois dits "d'humeur"), les dessins humoristiques, les dossiers et les articles "de fond", les prises de parole, les débats télévisés... dont la somme compose ce qu'il est convenu d'appeler "l'information". Il s'agit de lire et de caractériser, en mettant en scène et en systématisant les oppositions (parfois en extrapolant les causes), ce qui fonde les opinions en question. Cette suite de clichés, précurseurs ou rétrogrades (entre "archéologie" et "science fiction"), sur la différence des sexes a donc pour objet d'exposer, avec un minimum d'outils (notamment par l'illustration et la caricature) les évolutions essentielles derrière les "excès" : cette "sage moyenne", balisée par les pionniers de la modernité, quand les mœurs s'adaptent à la techno-structure. Les raccourcis et la simplification du trait, les imprécations et les dénonciations servent ce dessein. Le caractère souvent moralisateur, critique, réprobateur ou railleur des prises de position rapportées signale le déplacement idéologique – l'incompréhension réciproque – qui intéresse ici, les parti-pris servant le parti-pris de réduction (au sens chimique du terme) qui est le nôtre.

L'objet n'est pas, en effet, de dire ce qui est opportun, mais de comprendre la relation de nécessité entre l'axiomatique sociale et les valeurs. Le statut juridique de l'homosexualité est à cet égard démonstratif (ce qui justifie ici cette présentation, à titre introductif, de la question de la différence des sexes). En 1990, l'Organisation Mondiale de la Santé retire l'homosexualité de la liste des maladies mentales (liste établie en 1965 et où l'homosexualité voisine avec le fétichisme, l’exhibitionnisme et la nécrophilie), consacrant ce qu'il est convenu d'appeler l'"évolution des mentalités". En juin 1978, le gouvernement français proposait un amendement aux articles de loi stigmatisant l'homosexualité (notamment l'article 330 du Code Pénal qui sanctionne l'attentat à la pudeur) en ces termes : "constatant que l'opinion publique accueille les informations en matière sexuelle avec plus de calme, et par là même, avec plus de maturité. Il est donc possible d'envisager de ne plus incriminer des pratiques qui, pour marginales qu'elles soient, ne méritent pas une sanction pénale que l'évolution des mœurs ne réclame plus" (déclaration de Monique Pelletier, "féministe tranquille" et "Ministre des Femmes et de la Famille", selon ses propres termes, qui fut ministre délégué auprès du Premier ministre, chargée de la Famille et de la Condition féminine, du 11 septembre 1978 au 4 mars 1981 – membre du Conseil Constitutionnel depuis mars 2000). Et c'est au nom "du droit de chacun à la libre disposition de lui-même, du droit au plaisir comme à l'épanouissement" que l'opposition socialiste avait ouvert le débat au Parlement, Raymond Forni (il sera président de l'Assemblée nationale du 29 mars 2000 au 18 juin 2002) déclarant : "J'ose le dire, l'homosexualité est un comportement sexuel comme les autres, elle est une des expressions de la liberté fondamentale du corps". Ce qui, dans le système éducatif traditionnel, était regardé comme une anormalité, apparaît ici comme une propriété ordinaire de la liberté individuelle, propriété qui ne dérange en rien le modèle social. De fait, une majorité de francais se déclarera favorable au mariage homosexuel et l'argument souvent développé en appui est celui-ci : "Je ne vois vraiment pas au nom de quoi je pourrais interdire aux homosexuels de se marier... Puisque c'est leur choix." Au-delà de l'indifférence à ce que fait l'autre qui autorise la liberté de chacun (la liberté c'est de pouvoir faire, non de faire : l'île de Pitcairn, 48 habitants, 47 km2, vient de reconnaître le mariage homosexuel par une ordonnance du gouverneur des Îles Pitcairn en date du 5 mai 2015, alors qu'il n'y a pas d'homosexuel connu parmi ces descendants des révoltés du Bounty), le constat s'impose que la société est en avance sur les politiques : cela existe déjà. Le fait crée le droit. Il serait d'ailleurs illogique (et inique) qu'une expression significative de l'axiomatique des sociétés libérales – dont le protocole éducatif a le neutre pour loi – soit stigmatisée comme telle.

La reconnaissance institutionnelle de l'homosexualité démontre, s'il était besoin, la latitude dont les cultures peuvent faire preuve pour servir leurs fins sociales ainsi que la labilité de la nature en la matière. Au cours du débat parlementaire cité, Jean Foyer (qui fut Garde des sceaux) a pu déclarer : "Il y a des comportements qui sont conformes à la nature et d'autres qui ne le sont pas". Mais la nature ignore l'intégrisme. Les dispositifs de gratification sexuelle, de signalétique ou de dominance sexuelle y souvent sont utilisés à des fins qui n'ont pas la reproduction pour objet. L'homosexualité est ainsi avérée chez certains mammifères, dans les groupes de mâles, en tant que sexualité de substitution ou moyen de pacification et de cohésion. Parfois donnée pour démontrer le caractère naturel l'homosexualité, cette pseudo-homosexualité s'en distingue radicalement par le fait que les sujets concernés sont (généralement) bisexuels, quand ce qui caractérise l'homosexualité en question est l'absence d'intérêt pour le sexe opposé. L'empreinte se révèle, en effet, en mesure de fixer l'"orientation", comme le montre l'exemple médiatisé des manchots du zoo de Bremerhaven en Allemagne, en 2005. C'est l'absence de XX (qui caractérise ce que le rapport Kinsey qualifie comme "homosexualité des pionniers" ou la figuration hiéroglyphique de l'homosexualité selon Horapollo : Voulant signifier la pédérastie, ils peignent deux perdrix [mâles]; car [les perdrix mâles], quand elles ont perdu leurs femelles, ont commerce entre elles - trad. B. Van de Walle, J. Vergote) ou leur soustraction, du fait des dominants, à la libido des jeunes XY (homosexualité des XY rejetés à la périphérie du groupe) qui est le plus souvent en cause.


Les manchots gays du zoo de Bremerhaven continuent à bouder les femelles

BREMERHAVEN (AFP) - Les manchots mâles du zoo de Bremerhaven en Allemagne, devenus en 2005 stars médiatiques car préférant les relations homosexuelles, ne se sont toujours pas accouplés cette année avec des femelles car celles-ci sont trop timides. Les six manchots mâles du zoo de Bremerhaven (nord-ouest) qui formaient des couples homosexuels depuis des années, faute de partenaires du sexe opposé, se sont à nouveau regroupés "entre hommes" cette année, malgré les efforts de la direction du zoo qui l?an dernier avait fait venir pour eux quatre femelles d'un zoo suédois.
L'arrivée des femelles suédoises à Bremerhaven avait provoqué une mini-tempête médiatique en février 2005, des associations gays et lesbiennes ayant dénoncé la volonté du zoo de "modifier l'orientation
sexuelle" des manchots.
"
Nous nous réjouissons de tout couple hétérosexuel qui se forme, donne des œufs puis des oisillons. Mais il est évident que nous acceptons (aussi) les couples de mâles tels qu'ils se forment, et que nous ne les forçons pas à l'hétérosexualité comme cela nous avait été reproché l'an dernier", s'est défendu une nouvelle fois mercredi le zoo sur son site internet.
Consolation pour la direction de l'établissement : en plus des trois couples «gays», quatre couples hétérosexuels se sont malgré tout formés, dont l'un avait donné naissance, l'an dernier, à deux petits de sexe masculin.


Le bassin des manchots de Humboldt du zoo de Bremerhaven

Penguins can stay gay

A German zoo has scrapped plans to break up homosexual penguin couples following protests from gay rights groups.
The Bremerhaven Zoo had earlier flown in four female Humboldt penguins in an attempt to encourage three couples discovered to be all male to reproduce.
The zoo originally defended the experiment, claiming that the birds were an endangered species, but following protests from gay rights groups, director Heike Kueck has said that the zoo is abandoning the plan.
She said:
"Everyone can live here as they please."
Kueck said that it was neither her intention nor possible to separate the gay couples by force and interest them in their new female companions.
She added that the penguins had shown little interest in their new female companions but said that the programme could have been started too late in the year.
Gay groups had earlier protested against "the organised and forced harassment through female seductresses" in an open letter to Bremerhaven's Mayor Joerg Schulz.

COMING IN – Les manchots « gays » de Toronto sont séparés, l’un d’eux a trouvé une femelle
13 décembre 2011

Les manchots Pedro (à droite) et Buddy. REUTERS/Mark Blinch
Deux manchots "homosexuels" du zoo de Toronto, Buddy et Pedro, sont officiellement séparés, selon un responsable du zoo, cités par la BBC, depuis que l'un d'eux a trouvé une femelle.
Le soi-disant "couple" avait été séparé par ses gardiens le mois dernier, provoquant une vague d'indignation rigolarde sur Internet. Le zoo affirmait que ces deux manchots africains devaient se reproduire pour le bien de leur espèce – passée de 225 000 à 60 000 individus en vingt ans. Des voix s'étaient élevées pour défendre le droit de Buddy et Pedro à vivre librement leur relation.
Buddy, 20 ans, a donc "conclu" avec une femelle, Farai, le 19 novembre, soit trois jours après avoir été forcé à quitter le nid qu'il partageait avec Pedro. Les deux manchots avaient adopté un habitat et des comportements de couple avant leur arrivée au zoo, il y a un an. Ils appartenaient alors à un groupe exclusivement masculin. Le patron du département des oiseaux et des invertébrés du zoo de Toronto, Tom Mason, s'est fendu d'une conférence de presse pour annoncer l'heureux événement. M. Mason précisait de nouveau que le lien unissant Pedro et Buddy était purement "social" et non sexuel.
Quant à Pedro, 10 ans, il ferait sa cour à une femelle, Thandiwey, depuis plusieurs semaines, mais la belle ne semble pas encore intéressée. A la différence de Buddy, qui a vécu avec une partenaire pendant dix ans et a déjà donné la vie, le jeune Pedro ne s'est encore jamais reproduit.
Mise à jour :
Le site d'information britannique Pink news, qui cite M. Mason, rappelle que les deux manchots ne seront séparés que pour une durée relativement limitée,
"Ce ne sera pas permanent, dit M. Mason. Quoi qu'il arrive, tous les manchots seront réunis d'ici le printemps."


Les manchots Pedro (à droite) et Buddy. REUTERS/Mark Blinch


Le fait que l'activité sexuelle mette en œuvre les mécanismes de gratification les plus puissants (c'est assurément une grande découverte que de constater que le sexe procure du plaisir...) donne évidemment prise à des usages collatéraux – dont il est superflu de dresser la liste. L'éthologie montre comment la ritualisation, la pariade par exemple, est en mesure de réorienter la signalisation comportementale à d'autres fins : des fins sociales et non reproductives. La sexualité étant, par excellence, le domaine où la culture imprime sa marque, le "fait qui crée le droit" évoqué exprime simplement les données constitutives de la société techno-libérale telles que rappelées dans les pages précédentes.

Circoncision, émasculation rituelle, prostitution sacrée, célibat... le florilège des coutumes et des lois montre que la conception que les hommes se font du sexe est fonction de la représentation du réel qui leur réussit. "En la plus part du monde, écrit Montaigne, cette partie de nostre corps estoit deifiee. En mesme province, les uns se l'escorchoient pour en offrir et consacrer un lopin : les autres offroient et consacroient leur semence. En une autre, les jeunes hommes se le perçoient publiquement, et ouvroient en divers lieux entre chair et cuir, et traversoient par ces ouvertures, des brochettes, les plus longues et grosses qu'ils pouvoient souffrir : et de ces brochettes faisoient apres du feu, pour offrande à leurs Dieux : estimez peu vigoureux et peu chastes, s'ils venoient à s'estonner par la force de cette cruelle douleur." (Essais, Livre III, chapitre 5 "Sur des vers de Virgile").

L'évolution juridique considérée est évidemment à l'inverse de cette mortification et de cette consécration du sexe aux mystérieuses puissances de la vie. Elle révèle la réussite conjointe des valeurs de la technique et de l'individualisme. Dans une éducation où la transmisssion des techniques prime sur la transmission des conduites, on l'a rappelé, c'est la loi de l'innovation portée par l'individu qui fait loi. Loin que l'éducation, à l'instar de ce que Montaigne constate à propros de sa propre fille, ait la rencontre et l'établissement matrimonial pour objet ("Nous les dressons dés l'enfance, aux entremises de l'amour : leur grace, leur attiffeure, leur science, leur parole, toute leur instruction, ne regarde qu'à ce but" - dans le chapitre cité), le destin individuel (l'identité, le "désir") se noue ici, aléatoirement – librement – dans un environnement où l'enfant est roi : où les matrices comportementales sont socialement dévaluées. "Il est interdit d'interdire".

Le site communautaire
MySpace.com (100 millions de membres, site le plus visité aux Etats-Unis pour le mois de juillet 2006), où chaque membre peut partager sa musique et ses vidéos favorites, propose un profilage où l'"orientation" remplace la case "sexe" des formulaires administratifs et voisine avec l'appartenance zodiacale – et les éventuelles addictions légales (Tabac / Alcool) – de l'internaute. L'"orientation" est ainsi, banalement, une sorte de troisième genre qui subsume ou efface les genres de l'état civil et qui définit l'identité sexuelle sous les espèces du libre arbitre. Google+ propose, lui, un troisème sexe intitulé "Autre". L'État du New South Wales, en Australie, a délivré en 2010, à un porteur d'ADN XY ayant été tour à tour "homme" et "femme", un certificat d'état civil portant la mention "non spécifié" ("sex not specified") à la rubrique concernée. L'interessé – ni "she" ni "he" : "zie" – porte la revendication, au-delà du neutre, des "ungendered status", des humains sans genre.


Prénom: Norrie. Sexe: non spécifié

Né(e) homme, devenu (e) femme et aujourd'hui "androgyne", un (une) australien(ne) a obtenu de n'avoir pas de sexe spécifié sur ses papiers d'identité.
Il (elle) s'appelle Norrie "May-Welby", de son prénom et de son surnom, est né(e) en Ecosse, habite Sydney, en Australie, a 48 ans et serait le premier être humain à n'avoir pas de genre mentionné sur ses papiers d'identité. Sur son certificat d'état civil australien délivré par l'Etat du New South Wales, il est depuis un mois écrit "non spécifié" à la ligne "Sexe".
Né(e) de sexe masculin, Norrie May-Welby a commencé un traitement hormonal à 23 ans et a subi une opération chirurgicale pour devenir femme (il (elle) a aujourd'hui un vagin). Mais a arrêté son traitement depuis plus de 20 ans, refusant d'être dépendant(e) "aux hormones ou aux implants en plastique". Si bien qu'il (elle) n'est aujourd'hui "ni homme ni femme" et se définit comme "androgyne".
"Ces concepts, homme ou femme, ne me vont tout simplement pas et, s'ils me sont appliqués, relèvent de la fiction. A 48 ans, je suis moins disposée à composer avec les présupposés des autres à propos du genre", explique-t-il (elle) dans son blog, dont un post retrace la démarche pour "voir (sa) réalité reconnue ou du moins non contredite par les structures légales de la société".
"Ce n'est qu'un morceau de papier, mais ça fait un monde de différence", a-t-il/elle déclaré au Sydney Observer. "Cela signifie que lorsque j'aurai des papiers à remplir et que quelqu'un me demandera "êtes-vous un homme ou une femme?", je pourrai répondre "aucun des deux, voici un document qui l'atteste, merci d'en convenir".

Liberation.fr 17/03/2010 à 18:29

Des passeports pour les transgenres

L'Australie a décidé d'autoriser les personnes transgenres ou transsexuelles à se déclarer comme telles dans leurs passeports, ou à choisir leur sexe, sans exiger qu'elles aient subi une opération chirurgicale, a annoncé jeudi le gouvernement.
Le ministre de la Justice australien, Robert McClelland, a précisé que ces personnes auraient besoin d'une simple lettre de leur médecin pour obtenir un document de voyage faisant état de ce qu'elles considèrent être leur véritable sexe. "La plupart des gens pensent que le fait de voyager librement, sans craindre de discriminations, va de soi. Cette mesure va accorder les mêmes libertés aux Australiens transgenres ou transsexuels", a déclaré le ministre.
Les personnes qui ne souhaiteront pas se déterminer se verront attribuer le signe "x" dans la catégorie de genre du passeport. La sénatrice Louise Pratt, première parlementaire australienne en couple avec un partenaire transgenre - né femme et devenu homme - s'est félicitée de la réforme. "Il y a eu de nombreux cas à l'étranger de personnes arrêtées dans les aéroports par la police de l'immigration simplement parce que leur passeport ne coïncidaient pas avec leur apparence", a-t-elle déclaré sur les ondes de la radio ABC.

AFP Publié le 15/09/2011 à 09:12


La culture des analgésiques (vide supra : chapitre 9.1 : La “culture des analgésiques” et l’individualisme : quelques données pour une approche anthropologique et culturelle de la douleur) exprime un culte de la virtualité et de l'immaturité (vide supra : chapitre 11 : Du mythe au roman, de la Patrie à la Filisterie : l’éducation selon Witold Gombrowicz) qui signe l'adaptation au progrès technique d'une humanité continuement en progrès. Le jeune, qui résume cette capacité créatrice et adaptatrice qu'autorise l'altricialité secondaire, est le symbole de cette réussite "planétaire" des valeurs de la technique. C'est cette faculté ouverte de connexion entre les neurones qui permet ces apprentissages qui paraissent si faciles à l’enfant (à commencer par l'apprentissage de sa langue maternelle) et si pénibles à l'adulte (quand il doit apprendre, par exemple, une langue seconde). Le jeune n'est plus un adulte en puissance : c'est l'adulte qui se doit d'être un jeune à perpétuité – n'étant, bien sûr, qu'une caricature ou un fantôme de jeune (encore plus vieux quand il veut faire le jeune), ayant perdu en puissance pour avoir réalisé. L'inconscient est la fiction juridique qui légitime cette ingénierie neuronale qui veut le sujet, fons et origo de la fabrique des formes, délivré de toute délocution. Main invisible des histoires de vie (comme la main invisible d'Adam Smith l'est de la somme des égoïsmes particuliers qui fait la prospérité générale), justifiant rétrospectivement chacun dans ses choix, l'inconscient libère l'éducation d'un devoir de transmission dévalué par la marche de la technique – "Faites comme vous voudrez, répondit Freud à une mère en quête de conseils éducatifs, de toute façon ce sera mal" – et accommode la liberté nécessaire à l'initiative et à l'innovation. Quand l'évolution du savoir, accélérée par l'explosion des moyens de communication, est la clé du succès, individuel et collectif, les milliards de cerveaux de l'espèce sont idéalement mobilisés dans cette "guerre de l'intelligence". Le mode d'être du progrès technique engendre homo liberalis liberalis : quand le patronage de l'invention et du non advenu (défiant, par définition, directive et prévision) fait de l'innovateur virtuel le sujet du droit.

La collaboration de la technique (qui désacralise la génération et démystifie la symbolique du corps féminin) et de l'individualisme (qui libère de la dette sociale) est ainsi en mesure de légitimer les usages, sans exclusive. La fée du chiffre individuel, dont la psychologie est supposée pénétrer les voies, est magnifiée dans cette "nature hors nature" (selon le mot d'un classique qui écrivait que "la nature [l'avait] naturellement jeté hors nature") qu'est l'homosexualité. La loi qui intègre dans la norme l'individu le plus libre qui soit (idéalement) a valeur de manifeste, elle consacre et redouble juridiquement l'éblouissement nerveux d'une sexualité emblématiquement politiquement correcte. La contre-épreuve de cette relation de nécessité est donnée par la nature spécifique de l'homosexualité en cause, non pas transitoire ou substitutive (comme dans les espèces évoquées), transitionnelle et transactionnelle (comme en Nouvelle-Guinée et, vraisemblablement, en Grèce ancienne – vide supra : chapitre 9.2 : L'homosexualité grecque : une préparation au mariage et chapitre 9.4 : “Quelques données ethnographiques sur l'homosexualité initiatique” – où les relations homosexuelles sont transitoires et prises dans les échanges matrimoniaux), mais, le plus souvent, exclusive et définitive, en conformité avec le susbstrat culturel qui la légitime : qui inverse la "loi" de Haeckel quand l'ontogenèse émende la phylogenèse. Donnée qui confirme, subsidiairement, le fait que si, dans le monde animal la nature reprend ou conserve ses droits, chez homo sapiens la différence des sexes a besoin d'être éduquée pour être opératoire – et qui vérifie le mot, politiquement incorrect, de l'humoriste Coluche : "C'est marrant, ces mecs-là : y se reproduisent pas et on en voit de plus en plus. Comment est-ce que vous expliquez çà, vous ?" posant, au passage, la question de savoir si l'acquisition de la différence des sexes peut prospérer hors du théâtre de l'homophobie.

L'ingénierie sociale, en sélectionnant les traits fonctionnels de la réussite, définit un type humain ad hoc. L'indivualisme entre en conflit avec les valeurs de groupe, c'est l'évidence, mais aussi avec les valeurs générationnelles. Le pathfinder est un homme seul. La liberté, forme juridique de l'invention, propriété du système, a ainsi pour revers la solitude et le nihilisme. En botanique, on dénomme "hile" la cicatrice de la graine qui indique le point par lequel celle-ci, protégée à l'intérieur de la cosse, était rattachée à la plante mère. Nihili, explique le grammairien latin Festus, signifie : "qui ne vaut pas même le petit point noir qui se trouve au bout de la fève de marais". Le nihilisme, c'est aussi l'absence d'attache à l'origine et la rupture de la chaîne des générations. La canicule meurtrière de 2003, avec ses 15.000 morts de vieux (14.802 morts en France au cours des 20 premiers jours d’août, selon l'INSERM) a dramatiquement révélé un aspect de cette rupture générationnelle caractéristique de la société libérale. Cette tragédie s'était déjà produite à Chicago, pendant l'été 1995. Prisonnières chez elles, les personnes âgées, "exclus-reclus" types, ont été les principales victimes de cette catastrophe sociale. Quand, à la fin du mois d'août 2003, on a réalisé que 300 corps, entreposés dans un hangar réfrigéré du marché agro-alimentaire de Rungis réquisitionné pour la circonstance, n'étaient réclamés par personne, la figure du solitaire est apparue soudain moins conquérante. Mais la vie continue.

Il est un autre revers générationnel de la liberté dont Jean Genet rend compte dans une lettre, non datée, adressée à Jean-Paul Sartre :
"...La signification de l'homosexualité c'est celle-ci : un refus de continuer le monde. Ensuite, altérer la sexualité. L'enfant ou l'adolescent qui refuse le monde et se tourne vers son sexe, sachant qu'il est lui-même un homme, par ressentiment contre cette virilité inutilisable va tenter de l'irréaliser, de l'altérer: Il n'y a qu'un moyen, c'est de la pervertir par un comportement pseudo-féminin. Voilà le sens des gestes, des instincts féminins, des travestis. Ce n'est pas, comme on le croit, la nostalgie de l'idée de la femme qu'il aurait pu être qui féminise, c'est le souci amer de moquer la virilité..."
Dans le même document, Genet explique ainsi la pédérastie :
"Signification de l'amour pédérastique : C'est la possession d'un objet (l'aimé) qui n'aura d'autre destin que le destin de l'amant. L'aimé devient l'objet chargé de "représenter" la mort (l'amant) dans la vie. C'est pourquoi je le veux beau. Il a les attributs visibles, quand moi je vis mort. Je le charge de vivre à ma place, apparent. L'aimé ne fait pas que m'aimer, il me "reproduit", mais de cette façon je le stérilise, je le coupe de son destin.
Vous le voyez, ce n'est pas tellement en termes de sexualité que je vous explique la pédale, mais en termes de vie et de mort...
Quant à l'apparition, à certains moments, dans la vie d'un homme normal de la pédérastie, c'est provoqué par une brusque (ou lente) chute vitale. Une fatigue, une peur de vivre : un refus soudain de la responsabilité de vivre."
(cité dans : Boyer, E. et J.-P., 2006, Genet, Paris : Farrago, p. 84-87.)
On aperçoit ici comment les valeurs sociétales sont en mesure d'investir les rituels de la reproduction (dont le spectre déborde largement la reproduction proprement dite). Entre le pessimisme vital (la bougrerie, selon la polysémie de ce terme qui connote aussi, en français dialectal, l'avarice – et qui donne le mot "rabougri") des manichéens, bulgares, bogomiles, cathares... pour qui la génération équivalait à reproduire le principe du mal, l'homosexualité étant, précisément, un moindre mal ; l'homosexualité comme moyen de limitation des naissances (selon l'explication d'Aristote : “Pour la restriction de consommation qu’il juge utile, le législateur a nombre de vues ingénieuses ; pour l'isolement des femmes, afin qu’elles n’aient pas trop d’enfants, il a permis les relations homosexuelles” (Pol. II, X, 9) (vide supra : chapitre 13.1 : Quelques données sur la prohibition de l'inceste, in fine) ; l'homosexualité initiatique dans laquelle la soummission et la formation de la génération montante s'effectue selon cette voie (vide supra : chapitre 9.41), et la signification de l'homosexualité dans la société libérale il y a une évidente diversité des valeurs et des fins – qu'autorise la labilité de la pulsion sexuelle.

L'évidence sociale d'aujourd'hui, qui intime le droit à se réformer, est brouillée par la coexistence de deux systèmes de référence antagonistes (dont on donnera une illustration dans cette page). "Nous sommes en présence de deux Églises, a pu déclarer un dignitaire anglican à propos du débat sur le clergé gay, l'une qui croit à un christianisme défini par la Bible, et l'autre qui croit aux sensations et aux expériences". (Le Monde du 28 juin 2006) La résistance à cette reconnaissance de la "différence" vise, précisément, des "sensations" et des "expériences" (que moque abondamment la comédie d'Aristophane - vide supra : 7.4 Altération et altérité de la norme anthropologique : le recours de la dérision) où se mêlent les figures de la soumission et de l'indistinction. Ce qui est en vedette ici, c'est bien entendu la fonction de la sexualité dans l'ontogenèse de la personnalité. C'est l'"épanouissement" visé plus haut : la "sensation" indique que le curseur est placé à l'endroit opportun sur le spectre des "orientations". Les Problèmes aristotéliciens (section IV, n° 26) expliquent les "sensations" en cause et ce paradoxe qu'un mâle puisse éprouver du plaisir dans la passivité par l'empreinte des expériences précoces (Ethique à Nicomaque, VII, 6, 1148 b : "ceux qui ont été violentés – le verbe utilisé par Aristote est hubrizein – dès l'enfance") et par une sorte d'amphimixie des processus nerveux annexés par la sexualité (jouissance par le fondement, hedra, et non dans les parties honteuses, aidoia). On dirait aujourd'hui que la sexualité, art d'agrément de la singularité, figure de proue et blason de l'idéologie libérale, fidèle au mot d'ordre Our bodies, ourselves, sanctionne la liberté individuelle. S'agissant d'un usage collatéral : non de transmetttre ses gènes, mais de se conforter dans son identité, l'ampoule rectale d'un mâle peut remplacer le vagin d'une femme. La reproduction ? ("la nature", dirait Jean Foyer) c'est une autre affaire (vide infra). La sexualité est ici une dépendance, la plus valorisante et la plus démonstrative, certes, de l'égologie. (Mais l'essentiel est ailleurs : dans ce qui fonde cette liberté du sujet.)

Le défi du droit des sociétés libérales consiste ici à déminer le langage commun de sa charge, historique et naturelle, de sexisme et d'homophobie. "La langue est fasciste" a pu prononcer Roland Barthes (quand elle met l'arbitraire du signe au service de la nécessité). La loi condamnant les propos homophobes n'a pas effet rétroactif sur la phylogenèse et n'entame en rien le "roc d'origine", ce "fait biologique", selon le diagnostic de Freud dans un texte testament : la "rébellion" contre la position passive vis à vis d'un autre homme. La dégradation par sodomisation (visée dans les pages d'"archéologie" du chapitre 9) doit pouvoir se dire, dans la philosophie libérale, en termes non dépréciatifs, puisqu'elle peut concerner une "orientation" "comme les autres". Difficulté que met en vedette cette annonce du Figaro du 23 février 2008 en ligne, qui voit une injure homophobe dans une banderole raciste agitée par des supporters de Bastia à l'intention d'un footballeur Burkinabé de Libourne et proclamant : "On n'est pas racistes ; la preuve on t'enc…". ("Une semaine après l'affaire Ouaddou, des banderoles à caractère raciste et homophobe ont été déployées vendredi soir à Bastia. Le club corse, coutumier du fait, risque gros.") Illustration de cette ambiguïté entre ce qui est imputé à faute et ce qui est revendiqué : l'animateur d'une émission littéraire, faisant question à son invité de son goût pour l'information scandaleuse et de sa passion de "brasseur [fouilleur] de merde", celui-ci, moquant après coup le double sens de l'expression (vraisemblablement visé, en réalité) rétorque dans ses Propos secrets que cette "apostrophe" "n'a pas toujours été pour [lui] une simple métaphore" (Peyrefitte, 1977 : 279 et 332). Moquant le style naturaliste de l'académicien Maurice Genevoix et sa technicité "animalière", cet auteur professe : "Mais le frouement [des rémiges] ! les rectrices [plumes de la queue des oiseaux] ! Le rectum suffit pour être heureux (p. 220). Sur ce thème, voir l'ouverture de la Paix d'Aristophane, où il est dit du bousier, qui aime la merde “de la meilleure farine”, qu'il appréciera particulièrement celle d’un jeune prostitué, “car il la préfère bien malaxée” (v. 12), et où l'"ambroisie de Ganymède" (v. 724) lui est promise avec "Zeus Merdoyant" pour commensal (v. 42 : Dios skataibatou, homophonie avec "Zeus foudroyant" Dios kataibatou) (supra : 7.4 Altération et altérité de la norme anthropologique : le recours de la dérision.)

L'apparent paradoxe de cette apothéose de l'individualisme, c'est qu'il coexiste avec le règne des choses en contradiction avec le règne des choses : "Plus on pense de façon objective, moins on existe" (Kierkegaard). C'est quand l'objet technique (le progrès) commande l'histoire que le sujet peut et doit se reconnaître comme l'acteur et le centre de l'histoire. "Pour vivre une vie pleinement humaine et pas seulement bornée au connaître", écrit Sören Kierkegaard dans son Journal en1835, préparant cette préséance et précellence de l'existence sur l'essence, je dois "trouver une vérité qui soit une pour moi [...] Et quel profit aurais-je d'en dénicher une soi-disant objective [...] qui se dresserait nue et froide, sans se soucier que je la reconnusse ou non [...] ? La société de marché libère le sujet (occidental) de la nécessité tout en lui promettant une jouissance sans entraves – et tient ses promesses : dans son axiomatique, l'affranchissement des servitudes matérielles et l'émancipation des appartenances se parachèvent dans une construction spéculaire du moi légitimée par la morale et par le droit.

Réalisations de la liberté : variations sur la différence anatomique et clichés sur la "guerre des sexes"

La modernité est caractérisée par une redistribution des positions symboliques en relation avec la différence des sexes. On illustrera cette conséquence systémique en réunissant ci-après un certain nombre de vignettes et de points de vue tirés de la quotidienneté des années quatre-vingt – que ce rapprochement tire de leur insignifiance. La libération de la femme, la parité, la ressource de la contraception, la « morale trottoir », la pédagogie libérale, l’individualisme et son égologie, le rapport dominant-dominé (notamment  « Nord-Sud ») sont quelques-unes des manifestations de cette redistribution ici relevées.

Dans les sociétés (auto-)qualifiées de "développées" des années quatre-vingt, les critiques constatent des discriminations ayant le sexe pour cause. Mais ces discriminations, dues à la pesanteur des traditions et aux résistances de la "nature", sont contraires à l'esprit du système : l'égalité des sexes y est de droit. Pour que cette égalité soit pensable, il faut qu'elle soit possible. Elle n'a de sens que dans un monde où la valeur est détachée de la forme du corps, où la signification symbolique des rôles sexuels est résiduelle, dépourvue de portée sociale, privée. Au cours d'une série d'émissions de télévision sur le féminisme ("Antenne 2", novembre 1984), deux militantes observent qu'il existe encore dans le monde des femmes qui sont opprimées en raison de leur sexe, que le combat féministe n'est donc pas achevé, d'autant que "çà et là, on constate des régressions". II ne devrait plus exister d'inégalité sexuelle, en effet, dans un monde converti à l'objectivité : les régressions constatées sont dues à la crise économique ou à la crise des valeurs de progrès ; "çà et là", on veut renvoyer les femmes au foyer pour résorber le chômage ou enrayer la dénatalité.

Simple ajustement du système des attitudes au système des activités – mais subjectivement bien autre chose – la parité reste pourtant un chantier. Et c'est avec l'ingratitude des générations montantes que des jeunes femmes regardent comme de vieilles barbes ces militantes qui se battent encore pour ce qui va de soi : pour ce qui est naturel avec le mode de vie moderne, sanctifié par l'usage, avalisé par le droit... On pourrait illustrer les trois âges du féminisme contemporain par cette page du magazine féminin Marie-France (juin 1986, n° 364) consacrée à la mort de Simone de Beauvoir :
Anne, 21 ans : "... Je n'ai rien lu d'elle [S. de Beauvoir], bien que je sois étudiante en lettres et que je dévore tout ce qui me tombe sous la main. Mes amies n'ont pas lu non plus le Deuxième sexe ni ses autres bouquins. Ils ont, paraît-il, provoqué des scandales. Il me semble qu'elle a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Elle a crié son désir sans prendre de gants. Aujourd'hui, les slogans des Féministes ne déclenchent plus que des sourires. Moi, je trouve leur discours carrément grotesque." "Les femmes ont acquis leur autonomie à part entière."
Nicole, 43 ans : "Adolescente, j'ai dévoré le Deuxième sexe et les Mandarins dans les bibliothèques du quartier latin. Ma mère vouait aux gémonies le couple Beauvoir-Sartre et je n'aurais pas osé rapporter ces livres à la maison. Pour moi donc, ils avaient la saveur du fruit défendu mais plus encore. Ils m'ont vraiment aidée à prendre mes distances par rapport à une certaine hypocrisie sociale bien-pensante et plus tard à faire la synthèse entre mes trois rôles de femme, épouse et mère."
Denise, 60 ans : "Je n'ai jamais lu ses livres. C'était du soufre. On n'y touchait pas. Sartre-Beauvoir, pour les gens de ma génération, étaient un couple provocateur. Surtout pas un exemple à suivre."

Inadapté, archéologique, tel est aussi le "machisme". Le moderne récuse l'ostentation de la différence des sexes comme l'outrance d'une différence largement inopportune, oppressive pour les minorités et répercutant une injustice historique. Eduquer cette différence, c'est enseigner l'inégalité. Le slogan : "On ne naît pas femme, on le devient" signifie : "On ne naît pas inégale, on le devient". Le combat pour l'égalité des sexes implique, logiquement et paradoxalement, un refus de la sexualité. Eu égard à l'injustice de la sexuation, le féminisme est la vérité intérieure et le devoir moral d'un ajustement socialement prédéterminé. Les systèmes de gouvernement n'étant plus des systèmes matrimoniaux (vide supra : chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3), la procréation n'est plus la "matière" de la souveraineté. Les processus de la fécondation étant connus, la femme n'est plus le symbole de la nature, mais seulement la matrice d'enfantements que la technique moderne pourrait mener à terme hors du corps féminin – qui ne "fabrique" pas l'enfant (vide infra). La parité sexuelle, ainsi entendue, impose de libérer la femme de ce destin préfabriqué. Dans un monde "désenchanté" et vierge, la maîtrise de la matière et les lois du marché libèrent les sexes de l'héritage de la nature et de l'histoire. L'éducation libérale programme une ontogenèse sans phylogenèse. L'homme peut s'y excepter de la nature et de sa propre nature. Théorie d'une seconde rupture, le "matérialisme scientifique" serait même en avance à cet égard sur la société libérale puisqu'il fait doctrine de ce qui n'est que conséquence ici – capitalisme et socialisme entretenant le commun dessein de privilégier le statut économique sur le statut symbolique. C'est le principe maoïste : "Tout ce qu'un homme peut faire, une femme peut le faire". "En 1956, cinquante ans après la mort d'Ibsen, la Norvège célébrait la gloire de ce grand dramaturge qui fut aussi un grand apôtre de la cause féministe. Dans le public, à toutes les cérémonies, deux Asiatiques se distinguaient par leur attention et leur ferveur. C'étaient le ministre de la Chine populaire et sa femme. Interrogés, ils révélèrent aux journalistes présents que Maison de poupée était joué régulièrement au pays de Mao-Tsé-Toung et que cette œuvre libératrice exerçait dans les circonstances présentes une action profonde sur les esprits et sur les cœurs." (Gravier, 1968 : 7)

Indépendance économique, naissances illégitimes et "pilule"

La "libération sexuelle", c'est d'abord la libération de la sexualité féminine, soutenue par une plus grande liberté :
économique. La relation entre la liberté sexuelle et l'individualisme économique est mise en évidence dès le XVIIIe siècle. Shorter, par exemple, écrit : "Le salariat ne donnait pas seulement aux jeunes femmes l'envie d'échapper aux restrictions que leurs parents et les autorités du village mettaient à leur vie sexuelle ; il leur en fournissait surtout la possibilité. Les femmes économiquement indépendantes ont forcément plus de liberté que les autres, le salariat permet de faire fi des objurgations des parents et de rire des remontrances du curé. Au cours du XVIII° siècle, la ville industrielle d'Annonay, dans l'Ardèche, vit les naissances illégitimes augmenter beaucoup plus rapidement que dans le bourg traditionnel voisin de Sérignan. A Sérignan, un cinquième des mères célibataires était économiquement indépendant (domestiques, pour la plupart), à Annonay une sur deux, servantes ou ouvrières. Alain Molinier en conclut : "[...] qu'ayant échappé par le biais de leur profession aux contraintes morales du milieu familial, ces mères ont pu adopter un style de vie plus libre. Plus nombreuses dans les villes, surtout au XVIIIe siècle, ces mères auraient pu contribuer à élever le taux d'illégitimité." (Shorter, 1972)
physiologique. La "pilule" a été mise au point grâce aux fonds réunis par une association féministe américaine. Sous ce chef, en termes de liberté et d'efficacité économique, la femme conserve encore un handicap rebelle (relativement) à la médication technique : Selon Time du 27 juillet 1981 ("Coping with Eve's Curse" ), les problèmes menstruels font perdre, chaque année, 140 millions d'heures de travail à l'économie américaine. Le mode d'évaluation du dommage donne la mesure du problème.
sociale et juridique. Contre-exemple : La défense des "droits de l'homme" a pour préalable la question des droits de la femme. C'est le principe de la liberté individuelle, au fondement de la société moderne, qui autorise la liberté de la femme. Quand la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme adopte une "charte des libertés" qui reconnaît notamment le droit, pour une femme musulmane, de se marier avec un non-musulman et le principe de la liberté religieuse, les membres de la Ligue se voient accuser de vouloir "prostituer les filles musulmanes et encourager les apostats". Bien que la Tunisie ait ratifié en 1963 la convention de New-York qui stipule la liberté de mariage sans discrimination raciale ou religieuse, l'union d'une musulmane et d'un non-musulman n'est pas légalement reconnue. Le retour à l'islamisation progressive du droit, en dépit du "Code du statut personnel" promulgué par Bourguiba, illustre, selon un juriste cité par Libération du 3 septembre 1985, le "fossé entre deux sociétés, celle qui est auto-suffisante d'une part, sur tous les plans et qui adhère naturellement à la laïcité, celle qui a été laissée de côté par la prospérité et qui trouve dans l'Islam sa valeur-refuge d'autre part".


ELLE A BEAUCOUP CONTRIBUÉ
À L'ÉMANCIPATION DES FEMMES
Slogan d'une campagne annonçant l'arrêt de la production de la 4L Renault (1992)

La valorisation de la différence sexuelle correspond à une représentation symbolique ou religieuse du monde. Un slogan des féministes canadiennes proclamait, lors de la visite du pape Jean-Paul II au Québec, en septembre 1984 : "Si le pape était une femme, l'avortement serait un sacrement" (c'est résumer la fonction de la religion dans la théorie de la différence des sexes – posant ici que le salut de la femme est dans l'affranchissement de la nature.)

Bernar, 1983

La différence sexuelle serait donc sans valeur, parce que sans pertinence devant la rationalité économique : obstacle à l'utilisation optimale de la force de travail, ainsi qu'il ressort de l'article de Time cité plus haut. Dans tel système, la valorisation des rôles sexuels est nécessairement suspecte, embarrassée ou impie. L'actrice J. Bisset confesse : "Disons que j'aime les hommes machos mais pas idiots. Les hommes qui ont de larges épaules et qui vous protègent. Tant pis si les féministes font les gros yeux. Je dis ce que je pense. J'en ai gagné le droit." (France-Soir magazine du 6 février 1982) Les procédures anciennes de courtisation devenant plus ou moins honteuses et l'acte sexuel lui-même mettant en œuvre une différence organique et mécanique qu'il est difficile de scotomiser, c'est en toute logique qu'un féminisme conséquent en vient à prôner la vérité de l'abstinence et la valeur de la frigidité. Dans un livre d'entretiens (Schwarzer, 1984 : 81, 90 et 125), un "pape" du féminisme contemporain, ayant confessé, par ailleurs, un mensonge pieux à propos du sacrement dont il vient question (avoir émargé sans titre au "Manifeste de salopes" : 343 femmes déclarant publiquement avoir avorté, le 5 avril 1971 dans le Nouvel Observateur) déclare :
"– Je pense que la sexualité peut être un piège épouvantable. Il y a les femmes qui sont rendues frigides, mais ce n'est peut-être pas le pire pour elles. Le pire c'est pour les femmes de trouver un tel bonheur dans la sexualité qu'elles deviennent plus ou moins les esclaves des hommes, ce qui renforce la chaîne qui les attache à leur oppresseur.
– Si je comprends bien, la frigidité vous semble être, dans l'état de malaise que crée actuellement le rapport de force entre hommes et femmes, une réaction à la rigueur plus prudente et raisonnable, parce qu'elle reflète ce malaise et rend les femmes moins dépendantes des hommes.
– Exactement." (Elle avait dit la chose avec beaucoup moins de réticence et beaucoup plus clairement : "Le pire... pour les femmes... [c'est le] bonheur dans la sexualité.")
"– La tête est chez moi plus forte que le corps. Peut-être par une sorte d'hystérie, dans les cas où il n'y avait pas de vie sexuelle possible, je n'avais pas de désirs sexuels.
– Aujourd'hui, c'est absolument fini. Il y a quelque chose dans mon corps qui est mort. Tant mieux d'ailleurs. Parce que si je pense à ces femmes âgées qui frémissent encore sexuellement, je ne les blâme pas, mais je me dis qu'elles doivent avoir bien des emmerdements." "La maternité reste toujours la meilleure manière de réduire les femmes en esclavage [...]", de les "ramener une fois de plus à leurs entrailles."



Aislin, 1977

On peut lire, dans un billet du Monde du 20 mai 1987 que les féministes allemandes de Berlin-Ouest "ont dû renoncer à l'une de leurs plus belles conquêtes : obliger leurs hommes à porter des pantalons sans braguette. Des fois qu'ils se targueraient de l'odieux privilège de pisser sans baisser culotte. Alors, à peine passé l'âge des Pampers, les petits garçons étaient affublés de jeans fermés devant et ouverts sur les côtés. Et priés de s'asseoir sur la cuvette des cabinets. Pareil que leurs sœurs. C'était compter sans l'influence pernicieuse des médias, de l'école et du système. L'un après l'autre, l'un grâce à l'autre, ils devaient échanger des tuyaux à la récré; les gamins ont retrouvé la position sûre d'elle-même et dominatrice du Manneken Pis."
A l'inverse, une féministe anglaise du début du siècle avait ouvert des latrines pour femmes conçues pour opérer en "position dominatrice". On trouve d'ailleurs dans le commerce des appareils à cet effet, type Freelax ou Travelmate, mais ce résultat peut être obtenu sans prothèse : au chapitre des "techniques du corps" dont Mauss souhaitait faire le recueil (un exemple en 9.42) on pourrait en effet ajouter, précisément à la section des positions de la main pendant la miction (Mauss n'évoque que la miction masculine), celle qui consiste à diriger le jet grâce à une pression appropriée ("C'est comme apprendre à siffler, explique une adepte, vous devez apprendre à positionner vos lèvres pour obtenir les meilleurs résultats"). Dans plusieurs tribus indiennes d'Amérique du Nord, les vieilles femmes ont le privilège d'uriner debout, la féminité étant un état transitoire qui prend fin avec la ménopause (même conception de la féminité en Afrique centrale,
vide supra : 2.13 Quand régicide et initiation sont un). En Egypte, selon Hérodote (II, 35), "les femmes restent debout pour uriner quand les hommes s'accroupissent". Une enquête du Monde sur les ministres socialistes dans l'opposition permet d'apprendre que l'ex-ministre des droits de la femme (Yvette Roudy, ministre des Droits de la Femme de 1981 à 1986) avait fait apposer sa plaque ministérielle sur la porte de ses cabinets.


Thomas Theodor Heine.-Simplicissimus, 25 mai 1908.
"L'influence des pays étrangers"
"Je comprends maintenant pourquoi l'homosexualité se développe ainsi en Allemagne!"


"L'Homo phallocratus" Le Point, 3 mars 1975.
Dessin de Jacques Faizant


suite de la page 21.1 : 21.11

Plan du dossier :

19.1 Exorde
19.11 "Et ta sœur !" Différence des sexes et territorialité : relevé des grafitti de la Sorbonne, mars 1982
19.2 Variations sur le prochain
19.3 Quand la théorie de la société est la théorie du marché
19.4 Les "30 glorieuses" et les 30 pleureuses
19.5 De Tati à Tati
19.6 Gradations dans l'expression de l'allophobie et dans son aveu
19.7 Territoire, proxémie, proximité : le proche et le lointain
19.8 Appartenance commune
19.9 Guetteurs au créneau
20.1 Othello, ou la tragédie de l'apparence
20.2 Phénotypes et stratification sociale : la naturalisation du droit
21.1
L'empire de la liberté : la techno-structure par l'exemple, neutralisation des fonctions et des genres
21.2 Loi du renouvellement technique et conséquences...
21.3 Hormones et territorialité : la dominance à l'épreuve de la valeur morale de la différence
21.4 L'individu, sentinelle avancée de l'espèce (1) : liaisons
21.5
L'individu, sentinelle avancée de l'espèce (2) : déliaisons
21.6 Logique du vivant, morale du vivant
21.7 Médialangue et culture-jeunesse, distance réfractaire et période réfractaire




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