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Copyleft : Bernard CHAMPION
1 Éléments d'Anthropologie du Droit
Avant-propos : Philippe LABURTHE-TOLRA Doyen honoraire à la Sorbonne
Préface :
Norbert ROULAND Membre de l'Institut Universitaire de France

présentation avant-propos préface introduction plan
index analytique références table illustrations
1- Le souverain juge
2- “Pourquoi le sang de la circoncision...”
3- Dessin du dessein : 1
4- “Authentique ! sans papier !”
5- L“Âme du Mil”
6- “Il faut se battre pour la constitution...”
7- Rire et démocratie
8- Sur l’innovation
9- La “culture des analgésiques” et l’individualisme
10- Du “mariage arrangé” à l’“amour-passion”
11- Du mythe au roman, de la Patrie à la Filisterie
12- La chimie du rire
13- Quelques données sur la prohibition de l’inceste
14- Morale et handicap
15- Le juge, de quel droit ?
16- Droit au sol et mythes d'autochtonie
17- Habiter, cohabiter : sur l’exemplarité
18- Le territoire de la langue : les deux natures
19- Enquête sur la forme humaine : 1
20- Enquête sur la forme humaine : 2
21- Enquête sur la forme humaine : 3

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Chapitre 3

Dessin du dessein :
esquisse d’une représentation spatiale
de la royauté sacrée

I - 3.1
Introduction


Harpe Mangbetu (Zaïre) (Coll. Gallini)

(Repris et développé de : L’Étranger intime, Mélanges offerts à Paul Ottino, Océan Éditions/Université de la Réunion, 1995, Saint-Denis et de "Notes sur la signification..." : Thèse pour le doctorat d'État, Paris I-Sorbonne, 1989.)

Les références sont reportées en fin de page 3.42.

*

Le rapprochement des données juridiques et rituelles ayant trait aux procédures de gouvernement et aux constitutions des royautés sacrées africaines met en évidence une dualité institutionnelle entre un lignage souverain étranger à la terre (ou donné pour tel) et des clans territoriaux étrangers à la souveraineté, mais qui en assurent le contrôle par la médiation des mariages souverains et l’arbitrage de la dévolution dynastique. Dans la charte originelle, en effet, rois et faiseurs de rois font contrat d’un échange aux termes duquel les clans abandonnent leur souveraineté dans les mains d’un étranger qui apporte la prospérité au pays : le roi, intermédiaire rituel par excellence, exerçant, pour le bénéfice commun, des prérogatives sans partage sous la censure de non-royaux. Les valeurs rituelles et les valeurs constitutionnelles s’articulent dans les expressions du mariage souverain : - un mariage rituel, incestueux et stérile, réputé commander la fécondité du royaume ; - des mariages diplomatiques, qui rapprochent les clans de la souveraineté et les autorisent éventuellement à présenter un successeur au trône. L’équilibre du système est dit dans une adresse constitutionnelle, déjà citée précédemment, des hommes de la terre au roi : “Nous ne sommes rien sans toi, tu n’es rien sans nous” et ses deux limites extrêmes dans les cas de figures d’un roi sans prérogatives et d’un roi sans assujettissement.

Il se révèle une caractéristique de l’étranger qui le dispose au pouvoir :
- phénoménologiquement, cette disposition se présente dans sa capacité à assurer, au bénéfice de la société qui le met en charge, une fonction d’ordre, forme du travail rituel : ou bien l’étranger est d’origine divine ; ou bien il appartient à une lignée dynastique ; ou bien il est détenteur d’une magie supérieure ou de manières supérieures ; ou bien, enfin, soit du fait de sa nature d’exception classificatoire qui vaut élection ou du rôle qu’on lui assigne dans la transgression des interdits, il acquiert une qualification divine en vertu d’un mécanisme de “réjection” significative (Littré), (plusieurs de ces traits pouvant être confondus) ;
- politiquement, cette disposition ou qualification de l’étranger fait de lui un moyen du pouvoir - elle lui donne un pouvoir qui fait de lui un instrument du pouvoir sur la nature.

C’est la “géométrie” et la “mécanique” de cette fonction médiatrice du roi, mediare : s’interposer et s’entremettre, horizontalité et verticalité, diplomatie et invocation, politique et religion qui seront ici examinées. Qu’il y ait là un trait récurrent de la souveraineté dans le monde traditionnel, on peut s’en convaincre par la multiplicité d’exemples où le souverain se trouve investi, selon les contraintes de cette physique de la communication, dans une position orthogonale (voir supra, chapitre 1 : l’intronisation du chef chez les Samo). On pourrait prendre comme repère, à ce titre, la glose classique du caractère chinois qui représente le monarque, wang : le roi est le trait vertical qui relie trois traits horizontaux, la terre, les hommes et le ciel. Il est la liaison entre l’Un céleste et la dualité yin et yang. Les données ethnographiques ici présentées ne visent qu’à l’illustration de valeurs qui auraient pu être autrement développées et à la présentation de la discussion.

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Plan du chapitre :

I - 3.1 Introduction
I - 3.2 L’équilibre des pouvoirs
I - 3.3 La machinerie constitutionnelle
I - 3.4 Le rituel et le politique (1)
I - 3.41 Le rituel et le politique (2)
I - 3.42 Le rituel et le politique (3)





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