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4 Éléments d'Ethnographie Indienne (en cours)



Mots clés : Inde védique Sacrifice Ethnomathématiques

Champs : Anthropologie religieuse Ethnographie villageoise Route des Indes



1- Note sur l'acte sacrificiel dans l'Inde ancienne

2- L'aigle et le serpent

3- Rues de Pondichéry

4 - Nobili et la "querelle des rites Malabares"

5 - L'expansion européenne et les Cies des Indes


anthropologieenligne.com : unité de l’homme et diversité des cultures



Rues de Pondichéry
(pages en construction)

1ère partie :

KOLAM (2)

Texte de présentation
pour un panneau d'exposition de photographies
"Rues de Pondichéry"

suite de KOLAM (1) :

Marques et logos…

L'idée générale du kolam est celle de motifs, figuratifs ou non, réalisés à l'aide d'arabesques idéalement dessinées d'un seul trait.



Le folkloriste John Layard, qui voit dans les kolam des formes dérivées des dessins sur le sable du Vanuatu (Malekula) classe ces derniers en deux catégories principales :
- Ceux qui sont constitués d'une seule ligne continue, avec un point de départ et un point d'arrivée, qui chemine dans un cadre orthogonal, représentant la progression de l'initié à l'intérieur d'un labyrinthe ;
- Ceux qui sont constitués d'une seule ligne continue fermée tournant autour de points, représentant les yeux, les narines et la poitrine du Gardien du labyrinthe, l'ensemble figurant le Gardien. (Layard, 1937)

Construction

Le point de départ du kolam est, de fait, souvent une grille de points qui sert de structure à la construction. Tantôt la ligne relie les points, tantôt elle les contourne.
Quand ils sont construits autour de points (les motifs sont classés dans les manuels qu'on trouve en librairie en fonction du nombre de points horizontaux et verticaux autour desquels la main qui laisse filer la farine de riz évolue) on les nomme pulli kolam (point : pulli), les points, préalablement dessinés sur le sol, formant l'ossature de la forme géométrique.


Manuel de Kolam




Pulli kolam


Le lacis (kambi) des kambi kolam (infra) est (généralement) exécuté sans structure préalablement matérialisée sur le sol.

Layard, posant que les kolam dérivent du modèle "labyrinthe" (supra), répartit ceux-ci sous deux appellations : pavitram et Brahma-mudi.
- Le mot pavitram (hindi pavitra) désigne une bague faite d'herbe sacrificielle ou d'or. Les kolam désignés par ce terme ne représentant pas un anneau, l'appellation est donc symbolique. La racine sanscrite pu associe deux valeurs : la purification et la pacification. A propos d'anneaux-amulettes nommés pavitram, l'abbé Dubois note que leur fonction est d'"épouvanter les géants, les démons et les esprits malins quelconques dont la principale mission est de nuire aux hommes et de troubler les cérémonies des brahmes" (op. cit. p. 105). Il explique que cette amulette puissante est faite de trois, cinq ou sept tiges de dharba, tressées en forme de bague que les brahmanes se passent au doigt du milieu de la main droite. L'herbe en cause, kusa, est considérée comme sacrée (holy Kush grass). Il s'agit d'Eragrostis cynosuroides (et d'Imperata cylindrica L., les deux plantes pouvant être confondues).
C'est une herbe pérenne, rhizomateuse qui croît de nord de l'Afrique tropicale à l'Inde, atteignant un mètre de hauteur, pouvant être utilisée comme fourrage et dont les tiges étaient tressées en Égypte pharaonique pour faire des paniers ou des nattes. Dans les Veda, elle est utilisée comme siège rituel et dans la Bhagavad Gita (ch. 6) elle est indiquée comme support pour la méditation. Sur le bûcher funéraire, le cadavre est déposé sur un lit fait de tiges tressées d'Eragrostis cynosuroides.


Eragrostis Abyssinica

- Brahma-mudi (nœud de Brahma) désigne le nœud qui attache ensemble les trois fils du cordon sacré du brahmane, de telle sorte que l'extrémité d'aucun brin ne soit visible. "Son début est sa fin ; sa fin est son début. C'est comme le rampement du serpent de Sakala, on n'arrive pas à savoir par quel bout ça commence" (Jaiminïya-Brâhmana, 1, 258). Layard voit dans cette dernière prescription l'équivalent de la ligne sans fin du kolam. Les deux types de figures ayant en commun l'idée d'un parcours continu de boucles.

On peut aussi classer les kolam à partir de leur figure de base qui définit des familles.

Voici, par exemple, le type "Lianes de parijatha" :


parijatha étant un arbre (Nyctanthes arbor tristis) dont la fleur capiteuse est célébrée dans la mythologie. Cette plante à la floraison nocturne est dite être née des cendres de Parijatha, abandonnée par son amant, le soleil.



Nyctanthes arbor tristis
Jasmin de l'Himalaya





Des règles de réécriture

Une même forme, répétée, donne ce svastika : (inspiré d'un sceau trouvé à Harappa).


Logo de l'Indira Gandhi National Centre for the Arts (IGNCA)

Certains kolam sont faits de motifs reliés après coup et formant composition : les motifs sont dessinés indépendamment autour d'un motif central. Mais la plupart d'entre eux mettent en œuvre un processus de concaténation qui ne relève pas d'une simple juxtaposition.

Symétrie de l'unité de base et fermeture




Graphe eulérien : une ligne continue (voir infra)


(reconstitution)
Figure obtenue par une rotation complète de l'unité de base, (rotation vers la droite de 90 degrés)
et fermée par une ligne enveloppante. La grille de points est posée préalablement au tracé.
Cette composition peut être étendue comme suit ( par exemple) :



Autour d'une grille de 75 points :
4 boucles identiques fermées + un parcours symétrique enrobant les points restant (- 4)
selon une progression 1/2

Certaines familles de kolam ont en effet une règle d'engendrement à partir d'une forme de base qui, reprise en combinaison, peut former une figure de multiples qui pourrait croître indéfiniment (infra).

Quelques types de figures et règles de construction

Hridaya Kamalam : Fleur de lotus obtenue par un emboîtement de 16 pseudo-pétales


(Reconstitution)
Composition : 4 suites de pseudo-pétales (8 grands + 8 petits) = 4 couleurs
(voir kolam 4, in fine, pour la règle de construction)

Si l'on représente l'unité élémentaire par un symbole et si l'on se donne un certain nombre de règles de combinaison, on obtient une chaîne d'instructions dont l'exécution engendre la figure, les applications successives des règles de réécriture produisant une croissance exponentielle des figures.



Tous les kolam ne répondent évidemment pas à ce type de progression. Quoi qu'il en soit, même quand ils sont explicitement figuratifs (ce type de kolam n'est pas représenté dans ces pages), la géométrisation de ces figures est évidente.






Frise de svastika symétriques par rapport à un axe horizontal


4 hexagones et guirlande périphérique fermée composant un hexagone et un carré virtuels


suite : KOLAM (3) :

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